Dominic
coconut sagas

Article

3 nov 2019

Les 5 avantages d’un voyage en famille

Marie et moi, on voyage beaucoup. Au point où c’est rendu un running-gag dans la famille, à savoir quelle destination on va sortir à Noël pour l’année qui suit.

Un peu pour le fun, mais aussi parce qu’on aime beaucoup nos parents-frères-soeurs-blondes-chums, on a proposé la fausse bonne idée suivante lors d’un déjeuner bien arrosé au mimosa : « Prochain voyage, tout le monde vient avec nous! Direction Hawaii ».

Je me rappelle encore le visage à Marie après avoir lancé ça à nos deux familles en simultané. Elle m’a regardé comme si je venais de proposer à tout le monde de faire quelque chose de vraiment cave, genre se sécher les cheveux avec un lance-flammes. Après quelques secondes d’hésitation, au lieu d’ajuster la proposition, elle a simplement renchéri (en abandonnant tout raisonnement en cours) :
« Ouais, tout le monde à Hawaii, ça va être le fun. »

À notre grande surprise, nos parents ont simplement répondu :
« Parfait, Quand? ».

Ce soir-là, un peu inquiète, Marie m’a simplement demandé si c’était une bonne idée tout ça. Parce qu’il faut savoir plusieurs trucs pour comprendre la complexité du projet. Premièrement, nos deux familles combinées sont composées de 11 personnes, avec les chums et blondes de tout le monde. Deuxièmement, ces 11 personnes sont principalement issues de deux générations bien distinctes : les babyboomers et les millénariaux (milléniaux, millenials, appelez ça comme vous voulez). Troisièmement, nos familles s’étaient déjà cotoyées, mais très brièvement. Finalement, ces personnes ont des personnalités complémentaires, mais bien différentes : des gens très zens, et des gens très organisés.

Après être revenus sains et saufs, on s’est rendu compte que cette fausse bonne idée était en fin de compte la meilleure idée de l’année, et que les apprentissages (un peu informels) de cette aventure sont valides pour tout le monde.

Histoire de vous inciter à acheter un billet d’avion aller-retour Honolulu avec vos beaux-parents (ouin, eux), voici donc 5 avantages d’un voyage en famille :

1er avantage

T’as du fun avec les options sur AirBnb.

Pensez-y : en couple, vous avez seulement deux portefeuilles pour assurer l’hébergement. Rapidement, les options un peu chérantes sont mises de côté et vous vous retrouvez à gratter les places plus cheaps qui, surprise, sont aussi les AirBnb que cherchent vos autres amis millénariaux (milléniaux, millenials ; sérieux, il gosse ce mot).

Quand t’es avec ta famille, les portefeuilles sont multipliés par 3, 4, 5 et dans notre cas, 11. Mathématiquement, le coût des hébergements n’est pas directement proportionnel au nombre de personnes qui dorment dans ceux-ci (je me sens en math 436). Ce qui veut dire qu’à 11 personnes, pour un AirBnb qui va coûter 600$ par soir (une Villa à Honolulu mettons), ça revient pratiquement à 55$ par personne, par soir, pour une villa-qui-a-un-spa-et-une-vue-sur-le-Pacifique. Chose encore plus intéressante : les propriétaires qui louent des villas à 600$ offrent généralement un service d’une qualité que les Fairmount auraient de la difficulté à offrir.

2e avantage

T’as une plus grande équipe logistique

Quand tu voyages à deux, la logistique du voyage dépend à 50% de l’un et 50% de l’autre (entre Marie et moi, c’est plus 97% – 3%, mais faisons ça égal). Ce qui veut dire que la location des autos, le transport, la gestion des bagages, les clés, les réservations, les annulations, les changements de plans, les aéroports, les taxis et les activités sont principalement gérés par deux (ou une personne). Quand tu voyages à 11, la répartition des « tâches » devient quelque chose de pratique.

Par exemple, dans notre voyage : les pères de notre groupe se sont naturellement occupés du transport et des déplacements. Y’a quelque chose dans leurs veines qui aime ça, les moteurs, le gaz et les assurances (pas sexiste, juste la réalité). À l’inverse, les mères de notre groupe ont rapidement fait un tour d’horizon du menu disponible selon les épiceries et les restaurants locaux (pas sexiste, juste la réalité). Les frères-soeurs-chums-blondes se sont intéressés aux activités à faire, et nous, ben on a finalement géré l’hébergement pis on a assuré le ravitaillement des bouteilles de rhum. Du génie.

3e avantage

T’as plus de flexibilité au quotidien

Tu te lèves le matin, ta blonde a envie de prendre ça relax sur la plage et misère : toi t’as envie d’aller visiter un musée sur la Deuxième Guerre mondiale. (Fuck la plage men, j’veux voir des bateaux de guerre). T’essaies 30 secondes de voir comment faire arriver les deux activités, de passer la journée séparés : ta blonde seule en bikini à se rouler dans le sable sur la plage entourée d’inconnus, pendant que tu fais le tour de Pearl Harbour comme un loser avec des touristes semi-agréables. Finalement, quelqu’un capitule (souvent moi) et les deux finissent par se rouler dans le sable entourés d’inconnus. RIP les bateaux de guerre.

Quand t’es en famille, y’a un phénomène vraiment intéressant qui se produit : la divergence. Un plan directeur est proposé la veille (on appelait ça des coordos), et selon ce plan, certains individus proposent des plans complémentaires. Exemple : « Avant d’aller faire la randonnée à 13h00, nous on va aller à la plage de 9h00 à 12h00. » Ou mieux, certains s’opposent au plan directeur et en proposent un deuxième où chaque sous-groupe est invité à donner son opinion sur ce qu’il veut faire. Comme ça, je peux aller à Pearl Harbour avec mon père pendant que ma blonde se roule dans le sable avec ma soeur. Pas de chicane. Pis je peux voir des bateaux de guerre.

4e avantage

T’as des vacances moins niaiseuses

Après deux semaines en voyage avec la même personne, 24 heures sur 24, t’as beau l’aimer profondément ; les sujets de conversation s’épuisent vite. Je dirais même que la pénurie d’échanges de qualité peut laisser place à quelque chose de plus dangereux : s’obstiner sur des (insérer un blasphème) de niaiseries. Ce n’est pas normal après 14 jours sur la route que ta blonde veuille te péter la yeule parce que t’ouvre ta banane du mauvais bord.

En famille, le risque que ça arrive en one-on-one est moins élevé. Quand je finis par taper sur les nerfs à ma blonde (avec mes bananes), elle part se faire bronzer avec ma soeur. Quand ma mère a fait le tour des sujets avec mon père, elle va jaser avec ma belle-mère de combien de verres de rhum and coke ça prend pour être chaudaille. Quand mon frère n’a pu rien à dire, il s’assoit avec sa blonde pour lire. Point final.

On finit par se sacrer de quel bord j’ouvre ma banane, pis tout le monde est content.

5e avantage

T’as du temps avec des babyboomers, qui sont aussi tes parents

En voyage, on est confronté à un paquet d’affaires : de la nouvelle nourriture, des nouvelles coutumes, des nouvelles attitudes, un nouveau décor, etc. Vivre ça avec ta blonde ou ton chum (de ton âge), c’est toujours enrichissant, mais vous avez sans doute un point de vue similaire sur bien des sujets. Vivre ça avec des gens d’une autre génération que tu connais bien (et qui te connaissent bien) donne une toute autre perspective à l’aventure.

On est bons pour reprocher aux boomers qu’ils l’ont eu facile : grosse job, grosse maison, grosses dépenses. Mais quand tu passes un peu de temps dans la jungle à Hawaii avec eux, tu te rends compte qu’en bout de ligne, on leur ressemble beaucoup. Tu te rends compte aussi qu’avec les mêmes opportunités en 1960, tu aurais sans doute fini par réfléchir comme eux autres. Et qu’eux autres, en retour, avec les opportunités de 2020, auraient sans doute fini par ressembler aux millénariaux (les milléniaux, millennials, Faucon Millénaire, j’abandonne).

Au CHSLD, il va être trop tard

C’est prouvé : les gens vraiment importants et significatifs dans la vie de quelqu’un se comptent sur les doigts d’une main (Koch, 1999). Et la plupart du temps, un ou plusieurs membres de votre famille (souvent les parents) figurent sur cette très courte liste. Voyager avec eux devient donc une expérience beaucoup plus riche (dans tous les sens du terme) et mémorable que vous ne pouvez l’imaginer.

Ce sont d’ailleurs nos parents qui nous ont dit que « les voyages forment la jeunesse », pour se convaincre qu’on allait être correct avec nos dreads au Costa-Rica en secondaire 5 (oui, j’ai déjà eu ça). Quelque part, ils auraient aimé ça venir avec nous, non pas pour nous surveiller, mais parce qu’ils auraient tripé autant que nous à vivre de nouvelles choses avec les gens qui comptent le plus pour eux.

Comme quoi le voyage peut aussi former la famille.

 

P.S. Une banane, ça s’ouvre pas par la queue, ça s’ouvre par l’autre bout noir.

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